A la découverte du cyclisme féminin français
22 Avril 2013
RHHHOOO comment j’avais la pression en débarquant à Sauternes !!! En gros, dans ma tête, c’était : « si je ne finis pas avec le peloton, autant tout arrêter »
Du coup, j’étais pas au mieux le matin de la course, surtout qu’il a fallu gérer des petits problèmes d’intendance : le petit dej proposé était beaucoup trop léger pour un matin de course, j’ai dû aller faire les courses .. heureusement que j’avais ma voiture..
Le parcours est assez sélectif, en fait, on est quasi tout le temps en prise : faux plat montant, puis du plat, des relances, du plat vent de face, une bosse de 1.5km avec une partie vent de face et une autre vent de travers.. puis 500m de plat vent de travers, le tour d’une place rectangulaire, une descente de 400 m avec 2 virages et enfin, la bosse d’arrivée de 400m.
On est parties pour 8 tours de 13km, avec 150m de D+ par tour.
87 filles engagées ( un peu moins de présentes) dont 3 de Chambéry : Marjo, Eva et moi-même. Petit effectif, Sophie et Marlène ayant choisi de faire l’impasse. Laure Anne n’était pas non plus des nôtres, c’est dommage : en persévérant, on finit toujours par y arriver !!
Cette fois, on est encadrées par Nico notre nouveau DS fraichement débarqué au club.
Après les recommandations d’usage, on s’aligne au départ, bien placées devant. Ça part assez tranquillement, donc ça me permet de gérer un peu mon stress et de bien me placer à l’abri du vent. Ayant sans cesse à l’esprit les recommandations de Sylvain, je m’applique à remonter , ce qui est assez difficile vu que le peloton occupe toute la route.. Le but est d’etre dans les 20 premieres avant la bosse pour l’aborder dans les meilleures conditions, surtout que sur le haut, dans la partie vent de travers ça bordure un peu. Le premier tour se passe bien, même si c’est dur , car il y a des changements de rythme. L’échappée part rapidement, et derriere, ça se regarde un peu, vu que devant il y a une fille d’Auber, la seule grosse équipe du peloton. Elles ne rouleront donc pas.. L’écart se creuse, y a bien des filles qui essaient de contrer mais Auber bloque la course.
Les meilleures du groupe (toutes déjà sélectionnées en equipe de France) prennent les choses en main et impriment un bon tempo. Elles se relaient et on roulent nettement plus vite. Derriere, je sens la différence et sers les dents, je m’accroche, et m’applique à remonter à chaque fois que ça se calme un peu.. Le peloton revient à 10sec de l’échappée mais devant, une des filles replace une attaque et on ne rentrera pas sur elle…. Ensuite, j’ai pas trop suivi, mais un contre mené par Auber est parti ; là aussi rythme d’enfer....Elles ont vite repris les filles de devant, dont certaines ont sauté.
Derriere le peloton a renoncé, et ça roule un peu moins vite. Ça accélère juste quand certaines essaient de sortir.. Je m’aperçois alors qu’on n’est plus qu’une quarantaine sur les 80 partantes.. Cool.. je suis encore là après 2h de course !! ENFIN !! dans ma tête, c’est clair, hors de question que je lache maintenant !!
A chaque passage de la bosse, je m’applique à pas trainer derriere et ça marche, je passe les bosses parfois à l’arrache mais jamais lachée.. Au 6 et 7 eme tours, je les attaque même en premiere ligne..et sur le haut, même si je perds un peu de terrain, je reste au contact du groupe, et réussis même à doubler certaines filles dans le rouge. Un saut de chaine a failli me faire perdre le groupe, mais une Honorine , de Puteaux me fait une poussette pour que je reste au contact pendant que je remets ma chaine en place. Merci à elle !!
Solidarité entre Auvergnates !!
Avant dernier tour, j’ai plus d’eau, je rate mon bidon, Marjo me file le sien.. Je sens bien que je suis limite et dès que je bois, je vomis !! Ah ben là, on dira pas que je me suis pas mise à fond !!
Tant pis, faut que je tienne même si j’ai de plus en plus mal aux jambes.
Dernier tour, ça en remet une couche dans le faux plat, je perds 3 mètres, et là, éclair de lucidité « je peux pas lâcher maintenant » alors je lève mes fesses une fois de plus et recolle avec le groupe qui ralentis un peu plus loin. Sur le plat ça se calme bien, on attend la bosse pour s’expliquer.. J’ai bien envie de tenter un truc, mais bon, ça serait suicidaire car je me vois pas finir la bosse et le plat seule vent de face ! De plus, je pense qu’on me laisserait même pas sortir ! lol
Dernière bosse, impossible d’aller devant, je l’attaque au milieu du paquet, ça monte assez cool, mais ça accélère sur la fin.. Je m’accroche, reste avec le groupe mais dans le dernier tiers du groupe.. C’est fichu pour le sprint, je fais quand même une belle petite descente, et remonte 4/5 places.. Le sprint est lancé en bas de la bosse d’arrivée, j’y vais comme les autres, à bloc.. je remonte certaines filles, même si c’est mort pour arriver dans les points. Et là, sur me droite, un écart, puis un autre et je m’approche des barrières…. je suis limite arrêtée, mais je décide repartir… A l’arrache.. et finis 36eme sur 67 classées, le classement est pas terrible mais je suis trop contente d’enfin finir avec les meilleures !!
Belle course de Marjo, qui a tenté de sortir mais sans succès et qui fait 26eme, génée dans son sprint. Eva, peu en jambes a bien travaillé avec ses copines de l’équipe de France pour emmener le peloton et tenter de rejoindre l’échappée.
Bilan de la course, je suis :
-Soulagée : enfin !
-Contente de voir que le travail paye enfin : j’ai vraiment bien mieux passé les bosses, j’ai enfin réussi à lever mes fesses quand il fallait boucher un trou, ou gérer un changement de rythme sur une attaque. Je crois que j’ai rarement eu autant mal aux jambes, mais la tête n’a pas flanché !!
-Motivée car il y a encore du travail pour être vraiment à l’aise et ne jamais être à la limite de sauter. Merci à Sylvain pour ses entrainements adaptés à mon ressenti et à mes points faibles, et pour ses précieux conseils ! J’ai un coach en or !
Bonne ambiance entre les filles dans l’équipe, même si c’était un peu plus calme que d’habitude en l’absence de Sophie et de Marlène.
Après la course, peu de route pour moi, pour une fois, vue que je reste dans le sud ouest.. Par contre, pour mes 2 coéquipières, sacré périple : 7/8h de route pour regagner leur domicile.
Bon courage les filles !!! Sacrée vie, le vélo à ce niveau : on s’entraine, on fait gaffe à sa bouffe, on ne sort plus, on traverse la France en voiture, on se met minable sur le vélo, parfois on finit par terre et on rentre à pas d’heure complètement HS pour reprendre le boulot le lendemain !! Y a intérêt d’être entourée de proches compréhensifs ;-)