A la découverte du cyclisme féminin français
24 Septembre 2012
« C’est la dernière de l’année » voilà la maxime que je me suis répétée tout au long de la première moitié du parcours pendant laquelle, j’ai vraiment beaucoup souffert.
Le départ au pied de la Gineste est toujours difficile pour moi, mais cette année, je crois que ce fut encore plus dur. Ou bien ,je ne me souviens plus ( ma derniere participation date datait de 2007 sur le 94km)
Dès l’échauffement ( 2km, si on peut appeler ça un échauffement) j’ai senti sens que ça sera un jour sans ! Après un départ fictif en descente lors duquel j’ai essayé de ne pas perdre trop de places, nous sommes arrivés au pied du col où les organisateurs nous ont arrêtés, histoire de bien casser les jambes… Je suis alors dans les 100 premiers, à coté de Cathy Talec et j’apprends que Magdalena de St Jean est devant. Ok, je cours donc pour la 3eme place !! La première m’a mis 20min, il y a 15 jours sur un parcours similaire et la 2eme est une des 25 meilleures françaises actuellement.
Le départ donné, je me suis accrochée comme j’ai pu à Cathy mais au milieu du col, j’ai craqué, c’était trop dur, j’avais trop mal aux jambes, le souffle court, des sensations pourries comme j’en ai rarement eu depuis que je suis en forme… la faute au relachement des 15 derniers jours : la machine est déréglée…
J’ai donc pris la roue de gars qui comme moi avaient laché le groupe de tête, et on a fait une belle descente. Sur le plat, à La Ciotat, je comprends que vraiment c’est pas mon jour, je coince ! Sur le plat, oui, oui, impossible de suivre les roues, de me mettre en danseuse pur relancer, j’ai les jambes dures comme des bouts de bois.
J’ai réussi à recoller grâce au retour de gars venus de l’arrière et j’ai abordé la bosse suivante avec un bon groupe que je garderai jusqu’au col de l’Ange. Là, le rythme étant trop élévé pour moi, j’ai perdu du terrain, et roulé seule quasiment toute la montée mais j’ai réussi à chopper les roues d’un groupe qui me rattrapa sur la fin. Dans la portion plate, ça roulait peu, alors je me suis collée devant.. Ensuite, on s’est relayé avec un gars ou 2, on a fait une superbe descente jusqu’à Gemenos à l’entrée de laquelle, on a retrouvé le groupe perdu dans le col. Cool !!! Pas de chance, voilà, la surprise du jour dont j’ignorais l‘existence : une dizaine de kilomètres sur une petite route en sale état, et surtout au relief accidenté. Au menu, passages à forts pourcentages, descentes sinueuses. Par deux fois, j’ai perdu du terrain dans les coups de cul et réussi à recoller dans les descentes… Deux fois, ça ne suffira pas.. le groupe s’éloignera à l’approche du col de l’Espigoulier. J’ai attaqué celui-ci avec 2 gars que j’ai rapidement doublés, j’aime bien quand ça monte régulier, je prends mon rythme, et c’est parti ! Enfin, je crois que ça l’est !! Parce que 2km, plus loin, plus de jus, le cœur qui avait déjà du mal à atteindre le seuil ne montait plus du tout, et je sentis les prémices de ma copine hypo qui pointaient leur nez !! Je n’ai pas cherché à comprendre, j’ai ralenti et mangé ! J’avais de quoi manger et boire depuis le début, bien sûr, mais prise dans la course, j’ai un peu négligé cet aspect-là. Dans cette montée, j’ai perdu énormément de temps ! Je me suis vraiment demandée comment j’allais pouvoir finir la course et si j’allais la finir ! Heureusement, je n’ai pas paniqué, réalisant que j’étais sans doute partie pour un podium dans ma caté, voire même au scratch féminin. Les 2 filles que je savais devant étant plus agées, je me suis aperçue à ce moment-là qu’il était fort possible que je sois première de ma caté. Du coup, je me suis accrochée, j’ai pris mon mal en patience, et bien m’en a pris car sur le haut du col, j’ai pu accrocher les roues de deux gars qui venaient de me rattraper. La machine est repartie à ce moment-là, et elle ne s’est plus arrêtée avant la ligne d’arrivée !!
Le cœur est remonté dans les tours, j’ai fait la descente dans la roue d’un monsieur du club de la Pomme( je me suis dit qu’il connaissait cette descente piégeuse, alors autant rester derrière). Sur le plat, on a enquillé, en se relayant à 3, et petit à petit on a rattrapé des gars. Après le contrôle de Gémenos, je me susi retrouvée à emmener un groupe dans un faux plat montant. A chaque fois, c’est pareil à cet endroit, peu veulent rouler sentant venir les dernières difficultés. A force de faire des gestes, un ou 2 gars sont venus à la rescousse et on a pris une bonne allure. Dans le col de l’Ange, on a poursuivi sur le même rythme. Je n’en revenais pas de rouler comme ça. C’était bien la première fois que je le montais sur la plaque. En étant placée dans les premiers, je pouvais donner le tempo et surtout, moralement j’étais au top.
Ensuite, même si j’avais mal aux jambes, je savais que c’était gagné ! Il ne restait plus que la Gineste. Bien évidemment les gars qui avaient profité de la roue depuis plusieurs km se sont subitement réveillés et ont eu comme par hasard un regain de forme. Bref, dès les cent premiers mètres de la bosse, ils nous ont plantés, « mes potes » et moi !.. Dans cette dernière difficulté, j’ai emmené les gars qui étaient mes compagnons depuis l’Espigoulier. On a rattrapé pas mal de gars qui coinçaient sur la fin. On a ainsi pu reconstitué un petit groupe avec 2 ou 3 autres qui ont pu prendre la roue. Ainsi, on a abordé la descente puis la montée sur Luminy à 6 ou 7. Pas mal pour s’abriter du vent qu’on avait pleine face dans ce long faux plat. Les derniers 500 mètres sur le campus étaient en bosse, et même si l’ambiance d’arrivée n’était pas tentée de rivalité, j’ai quand même fait le sprint sur la fin pour gagner une petite dizaine de places.
Après avoir passé la ligne, ma plus grande satisfaction ne fut pas d’en avoir fini, mais d’entendre les remerciements d’un monsieur que j’avais encouragé à rendre ma roue dans la Gineste. Il m’avoua que sans mon soutien, il aurait lâché. C’est fou comme ça m’a fait plaisir !! Pour une fois que je peux rendre ce que les autres me donnent régulièrement sur les cyclos !!
Au final, malgré des sensations pourries, je fais un résultat correct : 130ème au scratch sur 540 partants, 4h20 pour 136 km et 2275m de D+. 3ème féminine, ( Magdalena fait 9ème au scratch et me met 35 min, ARGHHH, Cathy fait 68ème et me colle 20 min).
Bref, malgré tout je suis assez satisfaite. Le seul truc qui m’ennuie c’est de ne pas avoir été capable d’accompagner les meilleurs plus longtemps.
Pour la dernière cyclo de l’année, je finis quand même sur une note positive.